Le théâtre de la Rotonde fait peau neuve.

Il est resté longtemps dans son état quasi-originel.
Inscrit dans le projet Scènes Vosges du Syndicat Mixte à Vocation Culturelle des villes de
Epinal et Thaon-les-Vosges, pour doter le département et la Lorraine sud d’un
équipement dédié au spectacle vivant. L’inauguration de cette nouvelle salle, embellie
et modernisée, aura lieu le 10 janvier 2009.
Depuis septembre 2005, deux photographes, Jean Marc Viret et Michel Delbecque,
réalisent des clichés de la Rotonde. Pour préserver sur pellicule noir et blanc, ce qui
allait disparaître à jamais, nouvelles normes obligent.
Nous vous proposons de partager ici le récit de ces aventures photo-théâtrales.
Le début des travaux étant différé, nous avons pu à loisir, visiter tous les recoins de
l’édifice. De la chaufferie en sous-sol à la salle de projection sous la charpente.
Découvrant à chaque fois, d’autres vestiges à sauver sur grain d’argent.

Nous avons oeuvré le plus souvent dans la pénombre, avec des temps
de pose allant parfois jusqu’à 45 minutes. Dans cette lenteur opérationnelle,
nous nous sommes imprégnés à la fois de l’ambiance , que nous nous sommes
efforcés de restituer, et de la construction proprement dite.

C’est du costaud, fait pour traverser le temps. Pierres de taille,
poutrelles métalliques géantes, bois de chêne…
Pendant que lentement, dans le silence, la lumière des vieilles lampes impressionne
le film, on tente d’ imaginer comment, avec les moyens de l’époque, les artisans et
les compagnons ont construit une telle bâtisse. Combien de bras, de chevaux…


Et puis, un jour où l’on revenait encore et encore, pour être sûrs d’avoir tout engrangé
dans nos chambres noires, le silence et la pénombre avaient disparus. Remplacés par
les marteaux piqueurs et les projecteurs de chantiers.
Les travaux étaient cette fois commencés. Vite fixer ce qui pouvait encore l’être…
Et puis… de photographier dans cette nouvelle ambiance les dernières traces du passé,
de croiser les « re »bâtisseurs qui parfois mettaient à jour d’autres empreintes du temps,
d’avoir finalement du mal à quitter l’endroit comme ça,
nous sommes revenus encore et encore, et nous avons suivi tout le chantier.

De la lumière rare et silencieuse des débuts, en passant par les démontages,
les démolitions et les disparitions, ( plus question cette fois de refaire certaines
vues ni de compléter l’inventaire), petit à petit, une autre ambiance s’est imposée.

Faite d’escaliers ouverts quand d’autres se ferment, de murs qui
s’éclaircissent sous de nouveaux matériaux, d’un sous sol qui prend vie,
et aussi d’une autre lumière.
Parfois on s’est perdus un peu dans les nouveaux accès.

Faite aussi de rencontres avec les artisans d’aujourd’hui. Étonnés, amusés,
parfois dérangés par notre intrusion et nos objectifs.
Au fil du temps, un lien, une connivence parfois, se tissent.
Le chantier se termine. Les nouveaux sièges prennent place.
Derniers réglages, dernières retouches fébriles, derniers éclats de voix.
On a l’impression de revenir en arrière :
photos de détails des fauteuils, comme au début, vues d’ensembles…
Il est temps maintenant de partager tous ces moments, toutes ces images,
toutes ces émotions.
Restituer l’ombre et la lumière, le silence et le bruit, l’ancien et le moderne…
Le passé, l’avenir.
C’est ce que l’on tente ici, peut-être avec l’aide de vos commentaires ?
Michel